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Les nombreuses réunions de début d’année étaient de retour ces derniers jours !
Je vous invite à réfléchir un instant à ceci : avant de commencer, qu’avez-vous réellement fait avec vos collègues ? Est-ce que vous démarriez sur le champ l’ordre du jour, les points à traiter et les décisions à prendre ? Ou bien il y a eu ces moments un peu cacophoniques où tout le monde placotaient de façon légère de son été, du dernier épisode écouté, d’une vidéo drôle ou du nouveau resto essayé dernièrement et qui est absolument à découvrir ? J’ose parier sur la deuxième option. J’ose aussi dire que ce « small talk » vous a permis d’être (ou d’être peut-être …) plus impliqué et attentif ensuite.
Parler, c’est d’abord « connecter »
Dans leur ouvrage Unlocking the Power of Classroom Talk, Shana Frazin et Katy Wischow rappellent que les moments de conversations informelles — ces discussions légères sur des émissions, les jeux vidéo, la météo, ou la fin de semaine — sont loin d’être du temps perdu. Ils constituent, au contraire, la fondation essentielle pour que les élèves se sentent à l’aise, écoutés et prêts à s’impliquer. Il s’agit d’ailleurs de leur première intention de discussion à cultiver en classe : parler pour construire des relations.
« Ce que l’on appelle souvent la “small talk” n’est pas un bavardage inutile. C’est une conversation essentielle qui nous relie, qui établit un climat de confiance et d’ouverture (…) Ces moments de connexion sociale constituent la fondation sur laquelle peuvent reposer ensuite les discussions plus complexes, comme l’analyse d’un texte ou le débat littéraire. » (traduction libre, p. 31-33)
Vous l’avez sûrement déjà vécu : avant un cercle de lecture ou lorsque des partenaires de lecture ou d’écriture se retrouvent, il n’est pas rare de voir certains élèves bavarder spontanément, de tout et de rien, avec enthousiasme, entrain et passion. Et puis, dès que l’activité structurée commence, plus rien. Silence radio. Cela vous dit quelque chose ? Évidemment, pour que les élèves s’impliquent, plusieurs facteurs importants entrent en jeu : l’activité doit être signifiante, les intentions doivent être claires, les élèves doivent avoir reçu un enseignement explicite, avoir les outils visuels mis à leur disposition, etc.
Mais si cet espace informel avait plus d’importance et d’incidences que l’on croit sur les autres apprentissages ? Et si offrir des moments de discussions moins scolaires permettaient ensuite aux élèves d’être plus impliqués et rigoureux dans leurs réflexions quant aux lectures réalisées au fil des semaines ?
Des idées pour la classe
L’idée n’est pas de laisser les élèves parler de tout et de rien avant chaque activité ou regroupement afin d’espérer que tous s’impliquent avec sérieux le moment venu. Il s’agit plutôt d’être conscients que ces moments sont importants, et qu’ils méritent qu’on leur accorde une place dans notre planification.
Voici quelques pistes rapides pour intégrer cette intention au quotidien :
Autres astuces
Établir des limites claires
Dès le début de l’année, créez une routine. Établissez avec vos élèves les comportements attendus au bon déroulement de ces moments d’échanges informels afin qu’ils soient optimaux et agréables. Projetez un minuteur, et veillez à ce que le respect du temps établi soit une règle d’or.
Prévoir des moments fréquents
Selon les autrices, l’important n’est pas la durée, mais la régularité. Même un 5 minutes par jour, si ce temps est intentionnel, a un impact sur le climat relationnel. Le début ou la fin d’une période ou encore, avant ou après le diner, sont des moments propices.
Valoriser la spontanéité
Encouragez les initiatives de prises de parole. Accueillez les sujets d’emblée privilégiés par les élèves. Modélisez un langage respectueux et bienveillant.
Les élèves apprennent à se connaître au fil de l’année, à développer leur confiance en eux et envers les autres. Ce lien social favorise une meilleure écoute et un engagement plus profond. En reconnaissant l’importance de tisser ce genre de liens dès le départ et tout au long de l’année, nous préparons le terrain pour des discussions littéraires plus riches et plus engagées !Lorsque vous savez quelque chose sur vos camarades de classe, vous commencez à vous soucier d’eux, et cela change pour le mieux votre façon d’agir, de penser et de communiquer entre les murs de la classe. (-traduction libre, p.33)