Par Rachel Cournoyer

Parler d’amour et d’amitié en classe, cela ne date pas d’hier! Cela dit, je trouve que ces concepts manquent parfois de nuances et d’inclusion, car chaque enfant peut vivre ces relations de façon complètement différente.

La littérature jeunesse devient un terrain de jeu intéressant quand vient le temps de d’aborder ces grands concepts de la vie.

Dans le nouveau programme de culture et citoyenneté québécoise, on y retrouve plusieurs thèmes, dont la quête de sens, dans lequel les questions existentielles sur l’amour et l’amitié s’y retrouvent. On parle de camaraderie, d’attirance, de réciprocité et d’empathie, ce qui aide à mieux distinguer les subtilités qu’il peut y avoir entre l’amitié et l’amour. ‘’Les élèves vont réfléchir aux caractéristiques et aux émotions qui distinguent l’amitié et l’amour, voire la camaraderie et l’attirance, ainsi qu’aux attitudes et aux comportements qui peuvent influencer ces relations. Ils pourront examiner ce qui favorise l’entente, la mésentente et les conflits.’’ Extrait du nouveau programme de culture et citoyenneté québécoiseEn ce sens, voici 3 clés pour ouvrir les discussions en classe :

Nuancer les stéréotypes

Force est de constater qu’on voit souvent des stéréotypes ou encore des réponses préétablies dans les outils scolaires.

Par exemple, l’amour, c’est ressentir des papillons dans le ventre, ou encore, l’amour rend joyeux et léger. Et si pour un enfant, c’est plutôt le contraire ? Ça nous fait sentir tout drôle, ça peut même parfois nous donner envie de disparaitre…

L’important est que chacun puisse se reconnaitre et identifier ses sentiments à travers leur relation d’amour et d’amitié. Comme les tableaux d’ancrage que nous construisons AVEC nos élèves et POUR nos élèves, je vous propose de bâtir une affiche personnalisée, proche du vécu des élèves.

L’amour/ l’amitié, ça peut…mais ça peut aussi…

En voici un à titre d’exemple !

Philosopher

Les discussions, la diversité des opinions et l’ouverture sont au cœur du  nouveau programme de CCQ. On veut que nos élèves soient exposés à diverses réalités culturelles et façons de penser. Les questions ouvertes et philosophiques sont une merveilleuse façon d’échanger, car on ne cherche pas à obtenir une bonne réponse, mais plutôt une réflexion personnelle.

L’album La promesse, écrit par Jeanne Willis, se prête bien au jeu pour philosopher sur la relation d’amitié qui évolue au cours d’une vie.

Là où le saule rencontre l’eau, un têtard tombe amoureux d’une chenille. Sans réfléchir, il promet de ne jamais changer et de l’aimer toujours…Un régal d’humour noir ; parce que la vie est parfois cruelle

Vous aurez compris que les deux se font la promesse mutuelle de ne jamais changer, et d’être amis pour la vie. Est-ce une promesse qui peut tenir entre un têtard et une chenille ? On peut fort bien en douter…

Après la lecture, on ouvre la discussion avec les élèves, et on les fait réfléchir sur notre rôle d’ami.e.

Une idée pour poursuivre le jeu et créer un espace ouvert aux échanges serait de proposer aux élèves d’écrire leurs questions personnelles dans un pot de philo créé pour la classe. En jouant avec les mots, on peut facilement transformer une question personnelle en question philosophique.

Ex : À quel âge devient-on amoureux ?  pourrait devenir : Y a-t-il un âge pour devenir amoureux?

Se projeter dans les histoires

On l’a souvent écrit sur notre blogue. On croit fort à l’importance de s’identifier dans les histoires lues, ou d’offrir la possibilité de se projeter dans une situation jamais vécue pour mieux comprendre les réactions des personnages.  On doit donc offrir une panoplie de choix d’albums et éviter que ceux-ci soient toujours centrés sur des chicanes de filles rocambolesques ou des coups de foudre amoureux pour le garçon populaire de l’école.

Comme l’humour est souvent un bon moyen pour désamorcer les situations de gêne ou de malaise, c’est gagnant d’avoir en main un roman qui coche cette case pour parler d’amour et d’amitié.

Le roman Oui, non, peut-être, paru au printemps dernier aux éditions la Courte échelle est la lecture IDÉALE pour passer un beau moment de rigolade et parler d’amour et d’amitié avec vos élèves. Les personnages sont fort attachants et on y dépeint avec humour la complexité d’un  début de sentiment amoureux qui se transforme rapidement en enquête, et ceci contre le gré de celui qui a le béguin pour son amie. Un véritable bijou de lecture!Anne et Bertrand se connaissent depuis qu’ils sont tout petits. Mais un jour, Anne ne reconnaît plus son ami : il se peigne, se parfume et est soudain prêt à se joindre à la chorale. Serait-il amoureux ? Et si oui, de qui ? Et si c’était de Marion ? Bien décidée à aider son meilleur ami à conquérir sa flamme secrète, Anne accumule les gaffes, et déclenche bien malgré elle une grande enquête à travers l’école. Bertrand aime-t-il Marion ? Oui ? Non ? Peut-être ? Le suspense est total ! Et le plaisir de lire aussi !

Résumé des éditions la courte Échelle

J’ai adoré la plume de Lou Bauchesne, brillamment accompagné des illustrations colorées et pétillantes d’Agathe Bray-Bourret, le tout dans une forme de roman graphique. Je vois cette lecture comme un moment ‘’cocon’’ avec mes élèves. Je m’installe au coin lecture, et je fais quelques arrêts après avoir lu un ou deux chapitres, et l’on discute ensemble des aléas de l’amour et l’amitié. Voici des exemples de questions qui ont amorcé nos discussions en classe.

On vit pour ces petits moments-là, n’est-ce pas ?

Pour vous procurer les albums proposés dans l’article:

Contributeurs

Rachel Cournoyer
Collaboratrice

Rachel Cournoyer

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