- Lecture
Par Julie Robert
Lorsque j’ai eu entre mes mains cette nouveauté d’André Marois et d’Alain Pilon (publiée chez Grasset jeunesse*), j’ai tout de suite été interpellée par la 1re de couverture. Qui est cette petite fille si brave qui se tient toute droite sur cette énorme boule de neige?more Que regarde-t-elle au loin? Puis, en lisant le résumé sur la 4e de couverture, je n’ai eu qu’une envie : commencer à l’instant la lecture de ce magnifique conte de Noël. Une histoire qui captivera les lecteurs petits ou grands, une histoire qui les touchera, une histoire qui se passe chez nous, au Québec!! :-)
Psttt! Ce conte de Noël a vu le jour en 2012. Un projet de départ hors du commun : André Marois et Alain Pilon se sont fait proposer par Orangetango d’écrire un conte de Noël, sans contraintes. Cette première édition du conte de Chloé était imprimée exclusivement pour la Place Ste-Foy à Québec (avec la possibilité d’acheter en prime un jeu…Y en a-t-il encore?) Trois ans plus tard, c’est une maison d’édition française, Grasset jeunesse, qui a décidé de publier l’histoire de Chloé!

© André Marois et Alain Pilon « Le Noël blanc de Chloé », Grasset jeunesse.*
C’est la tradition : Noël doit être blanc. Je ne me souviens pas d’un Noël sans neige au Québec. Pour avoir de la famille dans la capitale, je sais à quel point il y a encore plus de neige là-bas!
Un Noël blanc…ça va de soi! Mais pas pour Chloé. André Marois nous fait comprendre dès le départ à quel point ce Noël risque d’être catastrophique pour son personnage, une petite fille intrépide et pétillante vivant à Québec. Aucune neige à l’horizon. Un ciel complètement dégagé. Une température plus chaude qu’à la normale. Que faire pour que Noël soit blanc?
Avec mes élèves, je lirais très certainement le résumé sur la 4e de couverture. C’est à partir de celui-ci que nous construirions ensemble notre intention : découvrir quelle solution Chloé trouvera pour que Noël soit blanc.
Le paratexte et des particularités à observer…
André Marois est un auteur québécois à découvrir (et à faire découvrir à vos élèves) si vous ne le connaissez pas. Le Noël blanc de Chloé est un magnifique récit linéaire dans lequel le lecteur est rapidement amené à découvrir ce qui chagrine Chloé : un Noël sans neige ne permettra pas au père Noël de se rendre en traîneau. Comme tout enfant de cet âge, la petite fille tenace associe également l’absence de neige à l’absence de cadeaux.
Ce texte narratif (on y décèle la structure du récit), dans lequel s’imbriquent des dialogues, est riche au niveau du vocabulaire (registre soutenu). André Marois utilise en effet de riches locutions verbales, richesse due au fait qu’il utilise des verbes précis et évocateurs et qu’il utilise parfois des modificateurs précisant sa pensée : le ciel…demeurait obstinément dégagé et la montgolfière décolla très, très lentement. Un récit au passé (passé simple et imparfait en alternance) nous dévoilant tous les sentiments et les pensées du protagoniste.
Alain Pilon est un illustrateur que je connaissais très peu. Son trait de crayon et ses illustrations sont magnifiques! (J’ai la chance d’avoir eu directement de l’illustrateur des précisions quant aux techniques utilisées…merci!! :-) ) Alain Pilon réalise ses illustrations en deux temps : il fait tout d’abord ses dessins à l’encre sur papier, puis il les numérise afin d’ajouter la coloration avec Photoshop. Dans Le Noël blanc de Chloé, ses illustrations collaborent avec le texte, rendant concrètes et tangibles les pensées de Chloé. Les plans utilisés (plan général, plan moyen et parfois plan rapproché) et la mise en page variant d’une double page à l’autre mettent tous deux du mouvement et de la vie dans ce conte de Noël graphique. Un illustrateur de Montréal au parcours impressionnant à découvrir, si vous ne le connaissez pas.

© André Marois et Alain Pilon « Le Noël blanc de Chloé », Grasset jeunesse.*
*Extraits diffusés dans l’article avec l’accord de l’auteur et de l’illustrateur.

Pour vous procurer le livre dont il est fait mention dans l’article et des livres coups de coeur d’André Marois, cliquez ici :