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Par Julien Leclerc
Chaque année, à l’approche de la fête des Mères et de la fête des Pères, une petite gêne s’installe dans les écoles. Et ce malaise, je le vis depuis plusieurs années… particulièrement depuis que je me suis encore plus ouvert aux différentes réalités familiales qui composent notre société. Que faire avec cette fête quand les situations familiales des élèves sont aussi variées? Quand certains élèves vivent avec deux mamans? Et d’autres avec deux papas? Parfois même dans un contexte de pluriparentalité? Quand d’autres ne voient plus leur père ou leur mère? Ou encore, quand le mot «papa» ou «maman» évoque une absence, une douleur ou une question sans réponse?
Et si cette année, au lieu de célébrer la fête des Pères à l’école, on profitait de l’occasion pour ouvrir une discussion sur les liens qui nous construisent, sur les figures parentales atypiques, sur une parentalité plus marginalisée, sur les liens parentaux plus discrets, mais qui nourrissent notre sentiment d’appartenance? Et si, surtout, on sortait des classiques comme de la carte en forme cravate ou de marteau, des pots d’épices à barbecue ou du fameux acrostiche du mot «papa» ?
Tout d’abord, laissez-moi vous présenter l’album Lady Papa, écrit par Émilie Chazerand et illustré magnifiquement pas Diglee aux éditions La ville brûle. C’est l’histoire d’un enfant qui vit bien tranquille en pleine métropole française en compagnie de son papa bien ordinaire, avec du poil dru au menton et des baskets au pieds. Mais le soir venu, il se prépare pour aller travailler. L’enfant s’assoit sur la machine à laver et regarde son papa se transformer… Il devient Lady Papa! Une diva éblouissante, étoilée de paillettes, qui transforme le monde autour d’elle! Ce papa constitue le cœur de sa cellule familiale, car autour de lui, il compte un grand nombre de tatas, de tontons, il y a aussi sa mamie Fatou (une vieille copine de son papa qui le borde avant le dodo) et mon personnage préféré, un bouledogue dégoulinant de bave du nom de Jean-Français (haha!). Il fait partie d’une famille choisie, un clan lumineux où chaque personne compte.

Tout simplement parce qu’il bouscule nos idées préconçues sans jamais nous faire la morale. Parce qu’il célèbre l’amour, la bienveillance, la diversité des structures familiales. Et parce qu’on sent dans chaque phrase qu’Émilie Chazerand écrit avec le cœur grand ouvert. C’est un album où les talons hauts côtoient les câlins du soir, où le maquillage devient un geste d’admiration et de rêverie, et où l’on comprend que la famille, ça se choisit aussi!
Je vous emmène ailleurs maintenant! Mon papa punk, c’est l’histoire d’une jeune fille qui nous raconte avec fierté à quel point son père est différent : il a plein de tatouages (ils font un peu peur, mais avec quand il nous les présente, on les trouve beaux et aucunement effrayants), il a une drôle de coupe de cheveux (souvent dépeigné), c’est un fan de musique punk et tout comme Lady Papa, c’est un oiseau de nuit qui laisse aller toute sa créativité dans son atelier. Il ne ressemble pas aux autres papas… et c’est tant mieux!

Parce qu’il célèbre la marginalité! Parce que ce père-là ne correspond pas aux images stéréotypées du papa. Et parce qu’il est plein de candeur! Pareillement à l’œuvre d’Émilie Chazerand, il témoigne d’une grande sensibilité, un gros câlin littéraire. C’est aussi une belle occasion de parler de ce que veut dire être punk ; un mot qui, au fond, parle de liberté, d’authenticité et de refus du moule (à l’image des deux papas présentés dans ces deux albums) !
Ces deux albums sont parfaits pour amorcer des discussions sur :
Plutôt que de proposer une activité générique pour « célébrer papa », pourquoi ne pas faire un combat de livre pour souligner cet événement que plusieurs célèbreront à la maison? Il est à noter que l’album Mon papa punk est aussi accompagné de ressources pédagogiques sur le site des éditions Fonfon, de quoi nourrir des discussions riches en classe.
Pour en apprendre plus sur le combat des livres, je vous invite à lire l’article suivant : 5 conseil judicieux pour un combat de livres réussi écrit par notre collègue Rachel Cournoyer.

Ces albums ne sont pas des livres pour la fête des Pères. Ce sont des livres pour toutes les fois où l’on a envie de parler d’amour familial, de différence et d’identité. Ils offrent aux élèves des modèles qui leur ressemblent (livre miroir) ou qui les invitent à ouvrir leur horizon (livre fenêtre).
Pour vous procurer les albums présentés dans cet article: