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En ce doux novembre…une oeuvre qui fait du bien à l’âme !

  • Annie Gravel

Par Annie Gravel et Rachel Cournoyer

Il y a de ces livres qui restent imprégnés en nous après leur première lecture. C’est le cas de Un cadeau de Noël en novembre, écrit par Stéphane Laporte et illustré par Jacques Glodstyn, paru dernièrement aux éditions de La Bagnole.

J’ai eu la chance de me faire présenter l’oeuvre par l’illustrateur lui-même, Jacques Goldstyn, lors d’une soirée organisée par la maison d’édition. Il me racontait qu’il avait lu pour la première fois le texte de Stéphane Laporte dans La Presse il y a des années. Il avait déjà commencé sa carrière d’illustrateur à ce moment et avait écrit et posté une lettre pour Stéphane lui demandant d’illustrer son histoire. La lettre ne s’est finalement jamais rendue au chroniqueur. Ce n’est que près de 30 ans plus tard que Jacques eut des nouvelles lorsqu’une éditrice chez La Bagnole lui a proposé le projet de mettre en image cette chronique datant de 1997, sans savoir que ça avait déjà été un souhait pour Goldstyn. Quand le hasard fait bien les choses!

C’est donc dans un heureux mélange de la magnifique plume de Stéphane Laporte et des douces illustrations de Jacques Goldstyn qu’on découvre l’histoire de l’auteur, alors âgé de 7 ans. Étant un grand admirateur de hockey, il rêve depuis toujours de patiner pour pratiquer son sport préféré comme son idole, Jean Béliveau. Il demande des patins chaque année au père Noël, mais c’est finalement un mois avant le temps, en plein mois de novembre, qu’il les recevra. Sa mère lui explique que le père Noël a de plus en plus de cadeaux à remettre et commence à s’y prendre plus tôt avec les enfants les plus sages. Le petit Stéphane est sceptique, mais trop content pour s’en faire! Il se rend alors directement sur la patinoire que son grand frère entretient dans la cour et entreprend d’apprendre à patiner. Son frère l’aide, mais trois heures plus tard, il n’a toujours pas réussi à mettre un pied devant l’autre. C’est le cœur très lourd qu’il retire ses patins, son manteau et rentre à la maison en ne disant pas un mot. C’est la première fois qu’il n’arrive pas à faire ce qu’il veut… à cause de ses jambes croches.

Il comprend ainsi que le cadeau en avance vient probablement de sa mère et non du père Noël. Elle a tout manigancé pour qu’il comprenne par lui-même pourquoi il n’en avait jamais reçu. Il se met donc à écrire dans son carnet, geste qu’il fait tout le temps quand il se sent tout croche. Écrire… c’est sa passion! Il aura soudainement l’idée de jumeler ses deux passions, l’écriture et le hockey! Écrire c’est ressentir, écrire c’est rêver… il aura l’impression de patiner en écrivant!

Ce qu’on aime de cet album : Le message de l’auteur Nous avons été profondément touchées par le message de l’auteur. Souvent, dans la littérature jeunesse, on louange les efforts, la persévérance presque à outrance. Ici, le jeune garçon a mis des efforts, a fait preuve de persévérance, mais parfois ce n’est pas assez. Parfois, il faut avoir le courage d’abandonner. En acceptant son handicap physique, Stéphane a été capable de trouver une autre force pour continuer d’œuvrer autour du hockey. Je pense que tous les élèves, HDAA ou pas, pourront se reconnaitre dans le personnage principal et que ce message de résilience les inspirera à leur tour.

En plus du message, les valeurs véhiculées sont magnifiques. La présence de chaque membre de la famille est importante et tellement touchante. Nous avions les yeux pleins d’eau, Rachel et moi, en lisant la fin, comme quoi les encouragements de ses parents et sa fratrie sont essentiels, il sait maintenant qu’ils compteront toujours sur lui et qu’il pourra aussi toujours compter sur eux. Les illustrations et le paratexte Jacques Goldstyn est un maitre pour passer des messages dans les illustrations. Que ce soit sur la page couverture, dans les pages de garde ou à travers l’histoire, on pourra découvrir beaucoup de narration dans ses images. D’après moi, on remarquera un nouveau détail à chaque lecture! Jacques Goldstyn me disait aussi qu’il y avait un grand souci de bien représenter l’époque. Il s’est fié aux photos que Laporte lui a fournies pour représenter le salon familial par exemple. Le cadre Il est plutôt rare de lire des albums jeunesse se cambrant dans la société québécoise des années 60. Il serait intéressant de faire remarquer aux élèves les similarités et les différences avec aujourd’hui. Parfois, ce sera dans les illustrations, comme avec la télévision sur laquelle ils écoutent la partie de hockey et d’autres fois, ce sera avec les personnages mentionnés tels que Jean Béliveau ou René Lecavalier. Le thème C’est assurément une ode au hockey, ce sport national et rassembleur qui fait tant vibrer nos élèves! Pour les enfants qui n’ont pas grandi en écoutant les soirées du hockey du samedi soir, cet album pourra assurément servir d’initiation à ce patrimoine québécois. Par contre, la résilience est aussi au cœur de l’œuvre et cela fait en sorte que n’importe qui pourra être touché par sa lecture, à commencer par moi-même qui ne suis certainement pas une grande partisane! Le fait qu’on parle si peu de Noël fait également en sorte qu’on pourra lire cet album à tout moment de l’année. Mais si vous êtes un Grinch comme moi et que vous êtes toujours à la recherche d’albums sur cette fête qui ne sont pas «quétaines» et prévisibles, on est vraiment servis ici!

Suggestion d’une courte séquence d’enseignement pour accompagner la lecture

Une œuvre aussi magnifique est d’abord et avant tout écrite pour nous émouvoir et nous faire réfléchir. Une simple lecture interactive avec les élèves sera amplement suffisante pour faire réagir les élèves et les toucher. Si on veut toutefois aller un peu plus loin et en profiter pour travailler l’interprétation du message de l’auteur ainsi que l’appréciation, voici comment la lecture a été vécue dans la classe de Rachel, 4e année.

Lecture interactive

Pendant sa lecture interactive, Rachel s’est arrêtée à un moment charnière de l’histoire – le moment où il rentre à la maison, complètement abattu. Elle leur a demandé de prédire le reste de l’histoire. Comme elle s’y attendait, tous les élèves ont mentionné que le jeune garçon allait continuer et qu’il n’allait pas lâcher. Un élève a même prédit qu’il allait devenir un joueur professionnel aux côtés de Jean Béliveau et Yvan Cournoyer. Elle les a ensuite prévenus que l’histoire ne se terminerait pas de cette façon… même si nous sommes habitués à ce que les histoires se terminent bien! Elle leur a quand même dit que la fin ne serait pas triste.

Leur curiosité était piquée! Cette pause aura définitivement permis aux élèves d’être complètement engagés pendant la lecture de la fin de l’histoire.

Retour sur la fin

Pour travailler la compréhension et l’interprétation, Rachel a écrit au tableau tous les messages de l’œuvre que les élèves avaient retenus. En voici quelques exemples : Il faut croire en ses rêvesIl faut vouloir ce qu’on peutMême si on n’est pas bon dans quelque chose, ce n’est pas une raison pour abandonner tous nos rêves.Il faut croire en nous, en notre pouvoir.Dans la vie, il y a des rêves qui se brisent et d’autres qui se réalisent. Les élèves ont choisi le message qui résonnait le plus en eux pour l’inscrire dans leur carnet de lecture. Ils ont ensuite eu à réagir sur la fin de l’œuvre, comme il s’agit d’une fin qui n’est pas typique et plutôt inattendue. Finalement, elle leur a lu des passages de l’article dans La Presse pour leur parler de l’histoire derrière le livre, soit la rencontre entre l’auteur et l’illustrateur. Ils ont ensuite eu à se mettre dans la peau d’un critique littéraire pour commenter en une phrase l’album comme on en retrouve parfois sur les 4e de couvertures d’un livre.

On donne donc la parole aux élèves de la classe de Rachel pour vous convaincre de lire cet album!

Pour vous procurer le titre dont il fait mention dans l’article :

Contributeurs

Annie Gravel
Collaboratrice

Annie Gravel

Collaboratrice

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