- Écriture
- Lecture
- Oral
Par Benita Kanozayire et Lucie Béchard
Enseigner la grammaire avec la littérature jeunesse, les passionnées-és parmi vous l’avez probablement déjà essayé. Lorsque nous sommes tombées sur l’album de Catarina Sobral, nul besoin de chercher bien loin : l’album veut explicitement familiariser les jeunes lecteurs avec la grammaire, plus spécifiquement avec les classes de mot. À la quatrième de couverture, on le décrit ainsi :
Un album pour s’achimer, euh!… se familiariser avec la grammaire (en s’achimant!).
La question qui tue : mais que veut dire ACHIME ? Ce sera assurément la première question que poseront vos élèves lorsqu’ils verront le livre, l’intention de lecture s’impose à nous avant même d’avoir ouvert l’album. Les couvertures laissent en effet place au mystère, ne serait-ce que par le titre, mais aussi par les indices (ou l’absence de ceux-ci) quant au déroulement de l’histoire. On y voit une bibliothécaire qui classe des livres, sans toutefois dévoiler son visage. Si vous désirez maintenir l’aspect mystérieux et soutenir l’intention de lecture chez vos élèves, nous vous déconseillons de lire la quatrième de couverture.
Achime à toutes les sauces
Le récit débute avec la grande découverte, par un expert de la grammaire, d’un mot disparu depuis la nuit des temps, le mot ACHIME. On souhaite ardemment l’utiliser, mais personne ne sait comment. On demande donc à Madame Bérengère qui prétend alors qu’il s’agit d’un verbe du premier groupe. Sachant cela, quand les gens ne savaient quoi faire, ils s’achimaient. À la page 7 de l’album, une fillette se plaint d’avoir son gâteau, sa mère lui répond donc « Achime-le! ». Jusqu’à ce qu’un linguiste affirme qu’achime est plutôt un nom commun. Les gens s’emballent et se mettent à commander des achimes dans les supermarchés, dans les agences de voyage, … Il devient alors intéressant de chercher ensemble le sens du mot selon les nombreux contextes, de travailler les inférences lexicales autrement dit. Vous verrez : les contextes varieront grandement au cours de la lecture. Achime sera tantôt un adjectif, pour ensuite devenir une préposition, puis un adverbe. La quête grammaticale se termine par la trouvaille d’un chercheur exaspéré par le cafouillage entourant le mot achime. Ce dernier trouve enfin la véritable classe de mot à laquelle le mot mystère appartient : il s’agit d’un perlince! Mais qu’est-ce qu’un perlince? Demandons à Madame Bérengère… c’est ainsi que prend fin le récit en boucle.
Exploiter achime en classe
Nos élèves ont adoré l’aspect « enquête » de l’histoire, même si la chute en a déçus quelques-uns qui voulaient absolument savoir ce qu’achime voulait dire! L’auteure s’y prend avec habileté pour nous garder intrigués, notamment par la manière dont elle utilise la ponctuation et par la structure du récit qui nous pousse à rendre la lecture palpitante et très interactive.
La lecture a été récemment vécue dans nos classes de 5e et 6e année. Évidemment, les classes de mot dont il est question dans le livre étaient bien connues de nos élèves. Toutefois, il est fort possible de l’expérimenter en début d’année. Ça pourrait même être d’autant plus pertinent d’utiliser l’album de Catarina Sobral en tant qu’amorce aux futures leçons grammaticales. En effet, chaque fois qu’achime est employé, il nous est nécessaire de faire appel à nos stratégies afin d’en déterminer le sens. Pensons notamment au moment où un personnage affirme qu’il trouve que quelque chose est un peu trop achimeux à son goût, les élèves en viennent à déterminer qu’il est employé comme adjectif puisqu’il sert à décrire quelque chose. Il s’agit d’ailleurs d’une avenue intéressante pour voir ou revoir les manipulations syntaxiques.
Cliquez sur le lien ci-dessous afin de télécharger notre planification de lecture interactive, ainsi que nos activités.
Lecture interactive – Achime le mot mystère
Vous y trouverez, entre autres, un exercice qui invite les élèves à inventer leur propre mot mystère en équipe et de créer un aide-mémoire grammatical qui pourrait aussi se faire sous forme d’affiche.

Cette activité s’est avérée plutôt corsée, même pour des élèves de 6e année. Nous conseillons de faire travailler les élèves en équipe et de leur apporter un soutien continu.

Nous avons également conçu une activité que nous avons administrée tout de suite après la lecture dans lequel les élèves devaient, d’une part, trouver la classe grammaticale du mot perlince, puis, d’autre part, identifier divers mots mystères dans un court texte. Voici un extrait du corrigé :
Finalement, voici quelques suggestions de réinvestissement en rafale :
Écriture:
Arts:
Exploiter achime au 2e cycle
(Collaboration de Marianick Joyal et de Julie Noël)
Si vous enseignez au 2e cycle, il est possible que les références grammaticales soient un peu plus complexes, puisque certaines classes de mot ne sont pas prévues au programme selon la Progression des apprentissages. Rien ne vous empêche de vous amuser avec la lecture qui demeure fort divertissante. Les activités d’écriture et d’arts plastiques proposées peuvent également être exploitées avec vos élèves.
D’ailleurs, Marianick Joyal, Julie Noël et Amélie Janson vous partagent une super planification créée pour le 2e cycle. Elles vous proposent d’utiliser le dispositif de la lecture partagée afin de travailler les différentes classes de mots. Planification détaillée : Achime_Lecture partagée
Bref, toutes les raisons sont achimantes pour achimer dans vos achimes! Bonne lecture !
SOS bulletin partie 4 : des outils pour des réponses plus élaborées