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Jouer avec les idées pour nourrir la pensée et la curiosité

  • Caroline Côté

Happy kids at elementary school

La semaine passée, j’explorais avec vous comment l’intégration de moments de discussions plus informels (le small talk intentionnel) dans notre planification peut renforcer les liens entre les élèves et ainsi, favoriser une meilleure écoute et un engagement plus profond lors des rencontres entre partenaires ou autour d’une lecture, par exemple. Si vous souhaitez lire ou relire l’article en question, c’est par ICI.

Cette semaine, j’avais envie de vous présenter la 2e intention de Frazin et Wischow qui, à mes yeux, est le cœur même de ce que nous souhaitons vivre avec nos élèves au quotidien autour des livres : parler pour jouer avec les idées. En fait, vous le faites probablement déjà dans votre pratique, mais si on regardait d’un peu plus près ce que cela signifie et en quoi cette intention est primordiale ?

Donner une place de choix à la pensée à voix haute Jouer avec les idées, signifie pour ces autrices d’offrir aux élèves un espace où il est sécuritaire de lancer des hypothèses, de formuler des réponses incomplètes, de réfléchir à voix haute, et ce, même si on croit ne pas avoir tout compris.

Il ne s’agit pas de trouver LA bonne réponse, mais plutôt d’oser explorer, imaginer, confronter des points de vue. C’est de permettre à nos élèves de voir où la pensée tant individuelle que collective peut mener, de prendre « l’erreur », l’imprécision ou les tentatives comme un tremplin pour affiner nos pensées. Lorsqu’on « joue avec les idées » en lecture, on permet donc aux élèves :

  • d’oser participer davantage en classe ;
  • d’apprendre que penser, c’est aussi se réviser, nuancer ses propos ou changer d’avis ;
  • de développer une écoute plus active, car chaque idée lancée peut rebondir sur une autre.

C’est ce genre de dynamique que l’on souhaite cultiver en classe, non ?

Des idées pour le quotidien

Comment peut-on mettre de l’avant cette intention en classe ? Je suis allée rechercher pour vous sur le blogue quelques articles qui présentent certaines activités que je réalise avec les élèves. Amusez-vous à les découvrir ou les redécouvrir :

Inspirée par les principes derrière cette 2e intention de discussion, voici d’autres idées en rafale pour la mettre de l’avant :

  • Et si … : Après la lecture d’un passage, d’un album ou d’un roman, amusez-vous à formuler des hypothèses comme : Et si le personnage principal avait pris une autre décision ? Et si la fin était … Et si le méchant devenait gentil ? Et si l’histoire se déroulait dans un autre lieu ou une autre époque, que devrait changer l’auteur ?, etc.
  • Sois l’auteur : Arrêtez la lecture à un moment décisif et demandez aux élèves d’inventer la suite.
  • Les rebonds d’idées : Les autrices misent beaucoup sur la relance d’idées. Ainsi, invitez un élève à partager une pensée, et la règle est que le suivant doit commencer sa réponse par : « Je reprends ton idée et j’ajouterais que… je me demande si… » ou « Ça me fait penser que/à… » avant d’ajouter la sienne.

La lecture à voix haute et la lecture interactive sont des dispositifs propices pour cultiver cette intention en classe. Faire des prédictions, parler des personnages et interpréter sont aussi des moyens pour amener les élèves à jouer avec les idées. Bien que l’oral, à mon humble avis, devrait être mis de l’avant lors de ces échanges, des entrées ponctuelles dans un journal ou un carnet de lecture peuvent être des traces précieuses à consigner.

Bien sûr, le but de lire est d’abord et avant tout de comprendre. On se doit d’habiliter les élèves à avoir une compréhension juste d’une œuvre, et à savoir comment cerner et réajuster les pertes de compréhension. Pour jouer avec les idées, il est primordial d’avoir compris. L’un ne va pas sans l’autre. Mais gardons en tête que de mettre en place des activités comme mentionnées plus haut, c’est encourager l’exploration. C’est former des élèves qui savent imaginer, remettre en question et coconstruire le sens. Au bout du compte, c’est leur apprendre et de prôner l’idée que la pensée est vivante.

Ouvrage cité dans l’article : Frazin, S. & Wischow, K., Unlocking the power of Classroom Talk – Teaching kids to talk with Clarity and Purpose, Heinemann, Portsmouth, NH, 2020, 147 pages

Contributeurs

Caroline Côté
Collaboratrice

Caroline Côté

Collaboratrice

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