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Des courts-métrages pour faire parler, lire et écrire les élèves

  • Julien Leclerc

Par Julien Leclerc

Les courts-métrages en français : un outil puissant pour enrichir l’enseignement de la lecture et de l’écriture

Dans nos salles de classe, les albums jeunesse ont depuis longtemps leur place et leurs honneurs! Toute la communauté de J’enseigne le sait, «enseigner avec la littérature, c’est créer des lecteur.rices pour la vie». Mais si je vous disais que les courts-métrages peuvent jouer un rôle tout aussi important dans le développement des compétences langagières de nos élèves ? Courtes, dynamiques et visuellement riches, ces œuvres offrent un terrain fertile pour travailler la compréhension, l’interprétation, la réaction et la formulation de jugements critiques, tout comme on le ferait à partir d’un album…mais avec une petite touche contemporaine! Cette approche a été inspirée par de multiples formations reçues au fil des dernières années où on accordait une place de choix au courts-métrages pour faire un modelage avant de se lancer avec la littérature jeunesse et d’un padlet déjà existant créé et partagé par Marie-Christine Boutin dans cet article de Benita.

Pour vous accompagner dans cette démarche, j’ai élaboré un Padlet d’une panoplie de courts-métrages jeunesse «muets», sans parole, que vous pouvez intégrer en classe. Pour chacun des courts-métrages, les thèmes ont été identifiés. Je vous invite toutefois à visionner chacun des courts-métrages avant de les présenter aux élèves, comme on leur ferait avec un album jeunesse. Ainsi, on s’assure qu’il correspond à notre intention pédagogique et au niveau de maturité de nos élèves.

Découvrez le Padlet en cliquant sur l’illustration!

Pourquoi les courts-métrages sont-ils si intéressants en classe ?

Les courts-métrages demandent aux élèves de « lire » les images : à inférer, à comprendre, à identifier la courbe narrative. C’est une compréhension qui va au-delà des mots : on analyse des indices visuels, des symboles, des transitions, des réactions faciales, des émotions. En écoute collective, on peut donc se faire une compréhension commune de l’oeuvre. Cette dernière est facilement accessible visuellement pour toustes. C’est une forme de lecture multimodale, un peu comme un livre audio. C’est donc un excellent outil de travail pour nos élèves allophones ou ceux ayant des difficultés d’apprentissage.

Travailler les composantes (dimensions) de la lecture, comme avec un album

En cours de visionnement ou une fois le visionnement terminé, on peut questionner les élèves :

  • Qu’est-ce que tu as compris de l’histoire ?

  • Pourquoi penses-tu que le personnage a agi ainsi ?

  • Qu’est-ce que cette scène t’a fait ressentir ?

  • En quoi cette oeuvre te fait penser à un album que nous avons déjà lu? 

Comme pour un album, on confronte nos points de vue, on fait évoluer notre compréhension.

Des pistes pour écrire

Les courts-métrages sont aussi d’excellents tremplins pour écrire :

  • Une suite possible à l’histoire

  • Le point de vue d’un autre personnage

  • Une critique ou une réaction personnelle

  • Une transposition en texte narratif (comme on le fait parfois à partir d’albums sans texte)

Bref, ils deviennent matière à écrire tout autant qu’à lire.

Travailler des compétences complexes

Les courts-métrages permettent de structurer des tâches qui mobilisent :

  • La compréhension d’un récit complet en très peu de temps

  • La formulation d’un jugement critique

  • L’argumentation (à l’oral ou à l’écrit)

  • Travailler l’interprétation du message de l’auteur, les thèmes mis de l’avant

Comment intégrer les courts-métrages en classe (sans se perdre) ?

Voici trois idées simples pour débuter :

  • Visionner + journal de lecture Les élèves notent à chaud : Ce qu’ils ont vu Ce qu’ils ont compris Ce qui les a surpris Pour plus de pistes de questionnement, vous pouvez consulter le document « Journal du lecteur » (cliquez sur «Journal du lecteur») ainsi que les articles du blogue en lien avec le journal du lecteur.
  • Débat autour de l’ interprétation En petits groupes, les élèves argumentent : Quel est le message du réalisateur ? Quelle était l’intention du réalisateur ?
  • Écrire à partir du court-métrage On peut proposer : Une réécriture de l’oeuvre Une écriture collective du scénario avec des ateliers d’écriture de révision pour améliorer le «texte modèle» créé Une lettre d’un personnage à un autre Une texte argumentatif autour du message de l’auteur.rice (réalisateur.rice)

Et pourquoi ça marche si bien ?

  • Parce que les courts-métrages : captivent rapidement parlent un langage visuel accessible reflètent souvent des thèmes forts, universels permettent de travailler la lecture comme construction de sens évitent l’embûche du décodage qui pourrait être difficile pour certains élèves

Envie d’explorer ?

Plongez dans le Padlet :
https://padlet.com/litteraturejeunesse/courts-m-trages-utiliser-en-classe-visionner-avant-pour-s-as-bhoh9tskqc53he67

Et si ce contenu vous inspire des activités, des réflexions ou même des coups de cœur en classe, racontez-nous ! On adore nourrir avec vous la communauté de J’enseigne!

Des ressources à lire ou à relire pour intégrer le court-métrage à vos dispositifs en écriture

(cliquez sur les titres pour avoir accès aux articles)

Contributeurs

Julien Leclerc
Collaboratrice

Julien Leclerc

Coordonnateur

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