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Intégrer de nouvelles pratiques en douceur

  • Marie-Philippe Goyer

Intégrer de nouvelles pratiques en douceur

Par Marie-Philippe Goyer J’ose profiter de mon premier article de 2025 pour vous souhaiter une belle et douce année… à la mi-février! Vous le savez, chaque nouvelle année s’accompagne souvent de résolutions, de grandes idées et, pour certaines, d’une envie de renouveau. (Bon, j’avais prévu d’écrire cet article en janvier, mais faute de temps… on dira que février, c’est tout comme!) En tant qu’enseignantes, nous revenons parfois des Fêtes avec le désir de transformer nos pratiques, d’explorer de nouveaux dispositifs pédagogiques et d’apporter un vent de changement dans nos classes. Cette ambition est précieuse, mais il est essentiel de se rappeler qu’une transition pédagogique ne se fait pas en un claquement de doigts. Chaque nouvelle approche demande du temps, de la réflexion et une planification réfléchie. Enseigner, c’est évoluer en permanence. Mais entre l’élan du changement et la réussite de son implantation, il y a un équilibre à trouver. Adopter un nouveau dispositif pédagogique ne devrait pas rimer avec précipitation, au risque de générer confusion et découragement, tant chez nos élèves que chez nous. Pour éviter l’épuisement et assurer une intégration durable, mieux vaut avancer une étape à la fois. Dans cet article, je vous propose d’explorer trois dispositifs pédagogiques et, pour chacun, de découvrir les étapes clés d’une transition réussie.

Avant toute chose : trois étapes d’une transition

L’exploration : Se familiariser avec le dispositif.

    • Plongez dans des lectures (articles de blogue, ouvrages didactiques), 
    • assistez à des formations (congrès, formations en ligne) ou 
    • visionnez des exemples concrets (capsules vidéos ou observations en classe chez un collègue).

L’expérimentation : Tester et ajuster.

    • Déterminez votre objectif : que souhaitez-vous mettre en place? Quelles ressources seront nécessaires?
    • Expérimentez avec un petit groupe ou sur une période restreinte.
    • Échangez avec vos collègues
    • Analysez ce qui fonctionne et ajustez votre approche.

L’intégration : Inscrire le dispositif dans vos routines.

    • Intégrez-le progressivement à votre horaire, 
    • réfléchissez à ses retombées et 
    • partagez vos apprentissages avec vos collègues pour enrichir la pratique collective.

Peu importe le dispositif que vous souhaitez mettre en place, chaque changement se fait par étapes. Ne vous imposez pas un rythme précipité. Posez-vous la question : où en êtes-vous déjà dans ce processus? 

1. L’entretien de lecture : ouvrir le dialogue sur les livres et permettre à tous les lecteurs de démontrer leur compréhension

Pourquoi l’adopter ? L’entretien de lecture permet d’instaurer un échange authentique entre l’élève et l’enseignant autour des lectures. Il offre aussi une alternative précieuse à l’évaluation écrite, particulièrement bénéfique pour les élèves ayant de la difficulté à s’exprimer à l’écrit. Comment s’y prendre ? Exploration : Intéressé? Voici par où commencer :

Expérimentation : Saviez-vous que les entretiens n’ont pas à être absolument réalisés auprès de tout notre groupe? Il est possible que certains élèves ayant des difficultés à exprimer leurs idées à l’écrit en bénéficient alors que d’autres démontrent leur compréhension de la lecture à l’écrit. 

  • Regardez l’une de vos collègues à l’oeuvre 
  • Commencez avec un petit groupe d’élèves pour tester le format. 
  • Demandez à l’orthopédagogue d’être en classe avec vous pour pouvoir mieux gérer la période. 
  • Ne créez pas votre entretien de A à Z, procurez-vous en un existant !

Intégration :

  • Insérez progressivement les entretiens dans vos pratiques courantes pour les élèves qui en bénéficient.
  • Offrez à tous les élèves l’occasion de vivre ce dispositif durant l’étape.
  • Évaluez son impact sur vos élèves et ajustez en conséquence.
  • Partagez vos expériences avec parents et collègues!

2. Le cercle de lecture : lire et discuter en communauté

Pourquoi l’adopter ? Le cercle de lecture favorise les échanges entre pairs et aide les élèves à co-construire leur compréhension d’une œuvre commune, tout en renforçant leur plaisir de lire. Comment s’y prendre ? Exploration : Intrigué? Voici quelques pistes :

Expérimentation : Saviez-vous qu’il n’est pas nécessaire que les élèves lisent un roman en entier pour se rencontrer en cercles de lecture? Vous pouvez utiliser ce dispositif suite à la lecture d’un album en grand groupe, par exemple

  • Commencez par placer les élèves en petits groupes suite à la lecture d’un album en classe. 
  • Proposez leur une tâche précise à faire ensemble : comparer deux personnages aux plans physiques ou psychologiques, apprécier un passage marquant de l’œuvre, faire une carte conceptuelle des liens entre les différents personnages, etc. 
  • Observez les échanges entre les élèves et noter les noms des élèves qui vous surprennent positivement.

Intégration :

  • Encouragez les élèves à prendre eux-mêmes la responsabilité de l’animation. En intégrant les cercles de lecture fréquemment à l’horaire, avec une formule répétitive, les élèves seront habitués au dispositif et connaîtront leurs rôles et les étapes des rencontres sur le bout de leurs doigts. 
  • Vous serez alors en mesure de circuler et prendre des notes de vos observations sur une grille qui soutiendra votre jugement au moment des évaluations de fin d’étape, pour faire état des acquis des élèves.

3. Les ateliers d’écriture : un lieu de prise de risque, de découverte et de pratique

Pourquoi l’adopter ? Les ateliers d’écriture permettent une approche différenciée et collaborative, appuyée par l’enseignement explicite et des mini-leçons ciblées. Comment s’y prendre ? Exploration : Envie d’en apprendre plus?

Finalement, les ouvrages didactiques Chenelière (en fonction des modules souhaités) sont incontournables dans votre exploration. 

Expérimentation : Les modules d’ateliers d’écriture peuvent parfois sembler intimidants lorsqu’on hésite à s’y plonger. 

  • Pour commencer, vous pouvez simplement sélectionner quelques ateliers intéressants, et non l’ensemble du module. Que ce soit en survolant le recueil d’ateliers ou simplement en vous inspirant de tableaux d’ancrage disponibles sur les réseaux sociaux ou différents sites web, vous approprier quelques ateliers pour tester les mini-leçons avec les élèves est la clef. 
  • Les mini-leçons permettant de bonifier un texte à l’étape de la révision sont souvent bien appréciées des élèves et leur permettent rapidement d’améliorer leurs productions. En voici quelques exemples :
      • Montrer à la place de dire (voir photo ci-dessus, une stratégie facile à repérer dans tous vos albums)
      • Utiliser les 5 sens (on zoom dans un moment pour y observer ce que l’on voit, sent, touche, entend, goûte…)
      • Faire des comparaisons (les élèves précisent leurs idées, notamment dans les textes informatifs)
      • Ralentir un passage (Pour faire sentir une émotion au lecteur, on ralentit un moment fort pour le décrire geste par geste) 

Intégration :

  • Permettre aux élèves d’écrire plusieurs fois par semaine en explorant différents modules d’ateliers en fonction des types de textes travaillés en classe. 
  • Lorsque la structure des périodes d’ateliers d’écriture est bien connue des élèves, cela laisse du temps à l’enseignante pour passer un moment avec un ou des élèves en entretien. Pourquoi ne pas essayer le cahier de démonstrations?

Une étape à la fois

Plutôt que de bouleverser vos pratiques d’un seul coup, choisissez un dispositif qui correspond à vos besoins et à ceux de vos élèves. L’important n’est pas d’aller vite, mais d’avancer avec intention et cohérence. Chaque petit ajustement, chaque essai, chaque moment de réflexion contribue à façonner une pédagogie plus engageante et efficace.

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