Deux coups de coeur pour lire, rire… et écrire à la manière de !
Par Marie-Philippe Goyer
Ces deux bijoux sont à mes yeux incontournables si vous enseignez au 3e cycle :
Les animaux qui existent peut-être &
Les créatures mythologiques qui existent vraiment.
Écrit par Stéphane Nicolet (et, pour le deuxième, coécrit avec Jean-Baptiste Drouot) chez Comme des géants, ce sont de véritables terrains de jeu pour l’imagination de nos élèves! À première vue, on croit feuilleter un documentaire, mais derrière l’apparence sérieuse d’un texte informatif, tout est inventé (et complètement loufoque).En feuilletant l’album, chaque double-page (fiche d’une créature ou animal inventé) suit une même structure :
Un schéma annoté pour détailler les particularités physiques (corne, nageoire, tentacules…), mais aussi les traits de caractère (air mélodramatique, jovial, etc.)
Souvent accompagné d’une carte situant l’espèce sur le globe.
Des référents visuels pour comprendre la taille réelle (comparée à un humain, un objet, etc.).
Un texte descriptif/informatif qui entremêle classification, habitat, habitudes de vie, traits physiques et de caractère… tout en glissant des indices humoristiques et des fausses informations qui invitent à la compréhension implicite.
Une mini BD qui met en scène l’animal ou la créature dans son habitat naturel, en incarnant ses traits de caractère avec un ton familier.
Ces albums permettent donc de travailler la compréhension des textes informatifs, mais aussi de bien remarquer les éléments propres à ce genre : schémas, légendes, échelles, cartes, etc.
Écrire à la manière de Stéphane Nicolet
1.Dans ma classe, nous avons d’abord découvert Les animaux qui existent peut-être, puis analysé le travail de l’auteur : noms de créatures farfelus, exagérations, détails absurdes, faux repères scientifiques, mini-BD souvent sarcastique.
Pour s’approprier le ton, avant l’écriture à la manière de, j’ai proposé deux courtes activités :
Lire l’une des descriptions et demander aux élèves de dessiner l’animal sans voir l’image (excellent pour travailler la précision et l’inférence).
Partir d’une illustration et inventer ensemble la description correspondante en écriture collective (j’ai pris en charge la mise en texte).
2. J’ai ensuite montré mon propre exemple d’animal (texte modèle), écrit à la manière de l’auteur. Les élèves ont fait des liens entre mon texte et les procédés de l’auteur, pour ressortir ce qui en faisait un texte à la manière de.3. Les élèves ont finalement planifié et rédigé leur créature en équipe de deux, sur plusieurs périodes. (Période 1 = le schéma, périodes 2-3 = le texte informatif humoristique, périodes 4-5 la mini BD). Nous avions différentes mini-leçon tout au long des périodes d’écriture (ex. procédé d’exagération, de comparaison, la BD, etc.)
4. Pour lamise en page finale:
Mes élèves, ayant tous un logiciel d’aide techno, ont tapé leur texte à l’ordinateur pour imiter la mise en page professionnelle.
J’ai photocopié le canevas d’une fiche animale, en masquant le texte et l’illustration avec une feuille blanche, mais en conservant les sections structurantes de la page (entêtes, section BD, carte).
Chaque élève a dessiné sa créature et complété toutes les parties sur son grand format photocopié de type 11×14.
Après un peu de collage, nous avons assemblé le tout en un véritable recueil et chaque classe de l’école a reçu sa copie !
Pourquoi intégrer l’écriture à la manière d’un auteur dans votre planif?
S’inspirer d’un auteur pour écrire à sa manière, c’est plonger dans son univers. L’élève observe, imite… et apprend.
Sans surcharger l’élève, on lui donne le temps de s’approprier de nouveaux procédés d’écriture.
Avoir un modèle de la production attendue aide l’élève au-delà des procédés d’écriture (ex. respecter l’intention, la syntaxe et la ponctuation des phrases.)
Transférer dans son texte de nouveaux mots riches! Souvent, les élèves reprennent une certaines partie de ce qu’ils aiment du travail de l’auteur, notamment le vocabulaire lu préalablement… Réinvestir l’apprentissage lexical dans un contexte différent permet une connaissance plus profonde des nouveaux mots appris.
C’est favoriser la réussite ! En sécurisant la démarche avec un canevas, un exemple et un vocabulaire prêt à l’emploi, on réduit la peur de la page blanche et on maximise les chances de produire un texte abouti dont l’élève est fier. :)